13/10/2014

ON FAIT UN METIER FORMIDABLE !

 

Cette assertion a été le leitmotiv de nombreux intervenants de ce 4e Colloque prospective du LAB qui s’est tenu le 7 octobre 2014. Le problème est que lorsqu’on interroge le Public (voire les publics), ce n’est plus le même discours ! Pour preuve ces étudiants de Dauphine invités à donner leur vision de notre métier et de son évolution souhaitable. Mais il en est de même, nous le savons tous,  dans tous les dîners en ville : prendre l’argent en essayant de ne jamais le rendre, ergoter pour payer ce qui est dû, vendre des produits dont le consommateur n’a pas besoin (et des fameux doublons que la presse aime ressortir régulièrement), rédiger les contrats en tout petits caractères, piéger le client au coin du paragraphe ou de la virgule, etc.

 

Alors, à qui la faute ?
Aux consommateurs eux-mêmes qui ne prêtent que peu d’intérêt à la matière alors qu’elle est essentielle pour leur sécurité ? A la presse qui ne rate jamais une occasion de faire une Une à scandale à partir d’un épiphénomène ou, comme on le constate de plus en plus souvent, de réaliser une émission « à charge » ? Aux Pouvoirs Publics et aux politiques qui n’y voient qu’une manne inaccessible qui pourrait combler les trous budgétaires qu’ils savent si bien forer ? Aux assureurs eux-mêmes qui sont incapables de communiquer de façon cohérente entre les différentes familles qui les composent et qui soufflent dans le sens du vent du moment (nous, on n’a pas d’actionnaires, X mois gratuits, etc.) au lieu de faire de la pédagogie ?
L’heur serait peut-être (s’il n’est pas trop tard !) de s’occuper vraiment de la valorisation de notre métier avant que des opérateurs externes (ceux qui ont aujourd’hui du cash et des données) ne décident d’investir le secteur en le destructurant.
Au fond, les étudiants comme les professionnels s’entendent sur la mission de l’Assurance : protection, confiance, être une sorte d’ange gardien.
Mais pour cela, il faut plus que communiquer et faire de la pédagogie, il faut faire évoluer notre métier  en amont (prévention) en aval (sinistre) et aussi, en parallèle (facilitation de la vie quotidienne).
On attend cela de nous, et nous sommes capables de le faire. Le seul véritable obstacle à surmonter est celui de la légitimité. Et là, il y a un combat à engager car on ne peut être considérés comme des anges gardien :
- en ergotant sur les conditions de règlement au prétexte que 1% des assurés sont des fraudeurs
- en truffant les contrats d’exclusions, de pièges, de déclarations préétablies (sujet à l’ordre du jour depuis l’arrêt de la Cour de Cassation du 7/2/2014)
- en pénalisant le client à la moindre occasion (remarque entendue et pleine de bon sens : « on souscrit une assurance pour le cas où on a un pépin, et s’il se produit, on est pénalisé »)
- en lisant dans la presse les salaires des dirigeants (de quelques centaines de milliers à quelques millions d’euros par an) pour gérer les malheurs des gens. C’est un peu comme lorsque l’on accusait les dirigeants de Médecins Sans Frontières de rouler en Porsche !
Le premier chantier est donc celui-là : changer sans aucune concession tout ce qui nuit à la légitimité.
Un second chantier consiste à « recaler » la notion de mutualité. Nos concitoyens ne sont plus en accord avec cette forme de mutualité aveugle. On est partant pour aider ses proches, ses voisins, ses collègues, mais pas plus ! Un intervenant citait un militaire qui disait qu’en cas de guerre, les jeunes iraient éventuellement se battre pour leur familles, leurs copains mais pas pour la Patrie !
L’économie collaborative nous ouvre des voies d’évolution dans le sens d’une réhabilitation de la solidarité.
Enfin, nous pourrons à nouveau communiquer et éduquer de façon intelligente et coordonnée car personne ne gagne dans  ce jeu à sommes nulles qui consiste à tirer la couverture à soi au détriment de ses confrères.

25/05/2014

Associations d'Assurés : encore mieux !

Le 18 septembre dernier, je publiais ici un article mettant en doute l'intérêt des "Associations d'Assurés", notamment celles qui sont entièrement pilotées par les compagnies d'assurances, n'ont rien de démocratique, et ne défendent les intérêts de la communauté qu'en théorie.
L'actualité vient apporter un nouvel élément : le parachute de 5 millions d'euros selon La Lettre de l'Assurance, auto-décidé par le président lui-même de l'association des assurés Vie d'AXA.
Même si cette somme est infime au regard de celles gérées par l'AGIPI, l'attribution de telles rémunérations dans le cadre d'une association d'assurés peut paraître à bon droit tout bonnement scandaleuse.
Quand fera t-on cesser ces pratiques scandaleuses qui nuisent à l'image de la profession et découragent les dizaines de milliers de collaborateurs qui sont fiers d'exercer leur métier et le font avec beaucoup de professionnalisme ?
Quand cessera t-on de voir des patrons de compagnies, mutuelles ou IP de se croire tout puissant et propriétaires de l'entreprise quand ce n'est pas du personnel ?

12:52 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0)

28/08/2013

LES SALAIRES DES GRANDS PATRONS

Près de 6 millions d’euros pour le patron d’Allianz à Munich, près de 5 pour celui d’AXA, c’est ce que l’on apprend par la publication des revenus des dirigeants de plusieurs grandes entreprises d’assurance. Toutes ne jouent pas encore le jeu !
Une chose est sure, les mutualistes ne jouent pas dans la même cour : à peine 1M€ pour Groupama et 740 k € à la Macif !

 

Sans entrer dans le débat sur la justification des salaires des patrons, on peut cependant s’interroger sur la légitimité de tels émoluments dans un secteur on l’on doit prendre en charge les malheurs arrivant à nos clients… ça se paie cher !
Dire que c’est un prix de marché, reviendrait à considérer qu’il y a concurrence, or dans de nombreux cas, qui voudrait à l’étranger de nos patrons français d’assurance ?
Et si l’on ajoute à cela que certaines de ces entreprises sont des « mutuelles », là on est perplexe !

11:43 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0)