22/03/2017

NE M’APPELEZ PLUS ASSURANCE VIE

Le concept même de l’Assurance est de « prendre en charge, moyennant rémunération - la cotisation -  un ensemble de risques homogènes de façon à les répartir selon les lois de la statistique ».
En assurance Vie, le risque est double :

  • Celui du placement financier : l’assureur garantit le capital versé par le souscripteur, augmenté des intérêts acquis.
  • Celui de paiement anticipé ou de dispense de paiement des cotisations en cas d’événement prévu au contrat (contre-assurance).

La dénomination « Assurance » est donc légitime, même si dans la majorité des cas, cette forme de contrat ne représente pour le client qu’une des multiples formes d’épargne.

En revanche, dès l’instant où l’assurance transfère le risque principal, c’est-à-dire celui de variation du capital à l’assuré, il ne reste plus guère d’assurance…

Il est donc fallacieux de dénommer « Assurance » un contrat d’assurance Vie en Unités de Compte puisque le capital n’est pas garanti et que l’assuré peut tout perdre en cas de crash boursier ou simplement si les choix d’investissements sont mauvais.

D’ailleurs, malgré les efforts des compagnies pour  promouvoir les UC (limitation des souscriptions en Euros, taux de rendement net à 0 en prenant en compte l’inflation, pression sur les forces de ventes,…) le résultat n’est pas au rendez-vous : -0,6% en 2016 et toujours 81% de souscriptions en € !

 En même temps, le risque ajouté par la loi Sapin 2, c'est-à-dire le blocage possible de l’épargne, était de nature à  décourager les épargnants.
Sans remettre en cause la nécessité de réformer l’assurance vie, il serait opportun de s’interroger sur le vocable même.
Aussi, dans un esprit de clarté et de transparence, ces contrats en UC ne devraient plus être considérés dans la catégorie « Assurance » mais « placements financiers » au même titre que n’importe quel OPCVM.
Alors, pour éviter les promesses fallacieuses, rebaptisons ces contrats en UC.

01/09/2016

Complémentaires Santé, de plus en plus partielles

 

Carte vitale.jpg

Le Figaro du 16 août dernier titrait en large : « Complémentaire Santé, la facture s’alourdit ».

Le dossier en question pointait du doigt les mesures de limitation des remboursements imposés par notre chère Marisol. Si ces limites étaient connues depuis le début de cette année des acteurs de la santé, leur traduction dans les faits pour le citoyen commence réellement maintenant  à se faire sentir. Ainsi, le plafonnement du remboursement complémentaire de la consultation médicale à une fois le tarif SS limite le total des remboursements SS+Complémentaire à 46€. Certes, cela conviendra à une majorité de patients. Pour ma part, je paie beaucoup plus et je n’ai pas vu que les complémentaires allaient baisser leurs tarifs !
Mais, conséquences beaucoup plus dommageables, en cas d’intervention chirurgicale, des plafonds sont maintenant fixés pour la prise en charge. Ainsi, le Figaro pointe, à partir de données fournies par le Groupe Henner, qu’une opération qui était prise en charge à 100% laissera désormais un reste à charge de plusieurs centaines d’euros (ex. varices) à plusieurs milliers d’euros (prostate, colonne vertébrale,…).
N’a-t-on trouvé que ce moyen pour essayer de réduire les honoraires des praticiens ?
Il est peu probable que le patient confronté à un grave problème de santé soit le mieux à même de discuter les prix…
Ou alors, l’objectif est-il de réduire la fréquence ? Je pense que cette idée fera hurler bon nombre de copains de mon âge qui ont du subir une ablation de la prostate !
Bien sur, on pourrait penser que les assureurs complémentaires pourraient proposer des contrats non responsables et non solidaires. Mais là, ce serait un fait nouveau car de tous temps ils se sont ingéniés à tous proposer peu ou prou  la même chose.

En tout cas, une chose est sure, ces nouvelles conditions de remboursement font la part belle aux Surcomplémentaires. Encore faudrait-il tenir compte des attentes et des moyens des clients pour bâtir des offres segmentées proposant des garanties haut-de-gamme ainsi qu’un suivi personnalisé pour la prévention et l’accompagnement  lors d’affections graves.
A ces conditions, on pourrait presque remercier notre chère Marisol d’ouvrir un vrai marché à marketer.

On rêve ?

05/07/2016

Loi Sapin 2, ou comment provoquer une vraie crise ?

Michel_sapin_mars_2015-wikipedia1_(cropped).jpgVous avez apprécié les initiatives de Marisol pour mieux couvrir les salariés et qui, de fait se retrouvent moins bien garantis… Vous avez aimé la Loi Hamon censée redonner du pouvoir d’achat en faisant baisser le prix de l’assurance Auto et MRH en instaurant la résiliation infra-annuelle, et qui finalement n’a guère eu d’effet sur les tarifs…
Vous adorerez ce nouveau texte de la Loi Sapin 2 qui confère des pouvoirs accrus au Haut Conseil de Stabilité Financière.
Ainsi, cet organe de surveillance de la vie financière aura la faculté d’intervenir  plus directement  sur les rendements des contrats d’assurance vie en Euros en limitant l’utilisation des PPE qui aujourd’hui permettent de servir des rendements nettement supérieurs au taux du marché.
Salutaire, pensera-t’ on, car à l’évidence, les assureurs vie  se sont montrés incapables de s’ajuster au nouveau paradigme des taux bas, s’exposant ainsi à de graves dangers en cas de remontée brutale de ces derniers.
Mais, au-delà de cette régulation des rendements, la même loi prévoit de pouvoir geler les actifs des clients, ceci pour l’ensemble des intervenants (et non plus pour une seule compagnie en difficulté). C’est donc le risque pour le client de ne plus pouvoir récupérer son capital, que ce soit sous forme de rachat ou d’avance !
Cette disposition est, bien sûr, à n’utiliser qu’en cas de crise majeure…
Mais en inscrivant cette mesure dans les textes, ne prend-t ’on pas le risque de torpiller l’assurance –vie qui a fondé sa popularité sur la sécurité et la disponibilité ?
Pis, un mouvement général de retrait préventif pourrait déclencher une vraie crise…