05/07/2016

Loi Sapin 2, ou comment provoquer une vraie crise ?

Michel_sapin_mars_2015-wikipedia1_(cropped).jpgVous avez apprécié les initiatives de Marisol pour mieux couvrir les salariés et qui, de fait se retrouvent moins bien garantis… Vous avez aimé la Loi Hamon censée redonner du pouvoir d’achat en faisant baisser le prix de l’assurance Auto et MRH en instaurant la résiliation infra-annuelle, et qui finalement n’a guère eu d’effet sur les tarifs…
Vous adorerez ce nouveau texte de la Loi Sapin 2 qui confère des pouvoirs accrus au Haut Conseil de Stabilité Financière.
Ainsi, cet organe de surveillance de la vie financière aura la faculté d’intervenir  plus directement  sur les rendements des contrats d’assurance vie en Euros en limitant l’utilisation des PPE qui aujourd’hui permettent de servir des rendements nettement supérieurs au taux du marché.
Salutaire, pensera-t’ on, car à l’évidence, les assureurs vie  se sont montrés incapables de s’ajuster au nouveau paradigme des taux bas, s’exposant ainsi à de graves dangers en cas de remontée brutale de ces derniers.
Mais, au-delà de cette régulation des rendements, la même loi prévoit de pouvoir geler les actifs des clients, ceci pour l’ensemble des intervenants (et non plus pour une seule compagnie en difficulté). C’est donc le risque pour le client de ne plus pouvoir récupérer son capital, que ce soit sous forme de rachat ou d’avance !
Cette disposition est, bien sûr, à n’utiliser qu’en cas de crise majeure…
Mais en inscrivant cette mesure dans les textes, ne prend-t ’on pas le risque de torpiller l’assurance –vie qui a fondé sa popularité sur la sécurité et la disponibilité ?
Pis, un mouvement général de retrait préventif pourrait déclencher une vraie crise…


31/05/2016

Dans tout assuré un fraudeur sommeille.

C’est en tout cas de cette façon que l’Assurance a été enseignée à des générations d’étudiants !
Je me souviens de mon passage à l’ENASS (il y a des lustres !) et de ce professeur de Droit des Assurances ( par ailleurs patron des sinistres dans une honorable compagnie ) qui  délivrait LA méthode pour traiter une déclaration de sinistre :
1) vérifier si la déchéance pour déclaration tardive peut s’appliquer
2) trouver l’exclusion appropriée à l’événement
3) tenter d’établir la fausse déclaration intentionnelle de l’assuré (donc nullité du contrat)
4) A défaut, se reporter sur la fausse déclaration non intentionnelle ( réduction proportionnelle)
etc. etc. et, si rien ne marche, finalement, se résoudre à payer…
Ainsi pendant des décennies, on a systématiquement pourri la vie de 100% des clients en cherchant la petite bête et en multipliant les exigences en matière de preuve (et l’on s’étonne que la profession soit mal aimée !).
Heureusement, dès les années 90, de nouveaux entrants – en l’occurrence les bancassureurs – ont développé des méthodes beaucoup plus modernes, et surtout une attitude résolument orientée Client. Je me souviens du Directeur des Sinistres de Pacifica expliquant aux assureurs lors d’un congrès CAPA-EFMA à Rome que les critères de recrutement de téléconseillers-indemnisation excluaient la connaissance de l’assurance mais qu’au contraire c’était l’empathie Client qui était privilégiée.
Mais aujourd’hui, de nouvelles possibilités de traquer  les méchants fraudeurs sans pénaliser tout le monde, existent : c’est le Big Data.
Inutile donc de demander  moult justificatifs, déclarations sur l’honneur, précisions en tout genre pour vérifier que le dommage est réel et le sinistre couvert : tout est dans le Cloud.

En tout cas, on y croit et on va en débattre le 21 juin au LAB

19/04/2016

Et la courtoisie, bordel ?

bouquet-690657__340.jpgOn connaît les difficultés rencontrées par les PME fournisseurs de l’Administration : arcanes administratives, délais de paiement, etc.
Mais on peut (doit !) aussi évoquer les soucis rencontrés par les prestataires des sociétés d’assurance.
La lutte du pot de terre contre le pot de fer est pour elles une réalité quotidienne.
Il est révolu l’heureux temps où – à l’instar de la souscription de risques – la parole donnée était sacrée. Désormais, il est courant de renier ce qui avait été accepté, de remettre en question les montants d’honoraires pourtant validés, de faire fi des conventions de partenariat passées ; et cela avec, en prime, la menace de ne plus pouvoir espérer aucune relation commerciale avec l’entité cliente.
Mais pour qui se prennent donc ces chefaillons dès lors qu’ils disposent d’un chéquier ?
Et quel impact négatif sur l’image de la société !
Il fut un temps  - dans les 90’ - où le Management par la Qualité était en vogue. La mise en œuvre de politiques de TQM1 obligeait l’entreprise à veiller à la qualité de ses relations avec l’ensemble de ses publics (les stakeholders) : actionnaires, clients, personnel, fournisseurs. Mais ça, c’était avant…
Et que penser de tels comportements lorsqu’il s’agit de relations entre ex-collègues. Je pense notamment aux conseils, formateurs, recruteurs qui ont préalablement exercé dans l’Assurance et qui espéraient un traitement plus favorable de la part de leurs pairs. Certes, on sait que les responsables sont harcelés de sollicitations et qu’ils ne peuvent pas recevoir tous les fournisseurs. Mais un peu de courtoisie n’est pas trop demandée lorsque l’appel émane d’un ex-collègue et/ou de quelqu’un qui a pu apporter son aide à un moment moins glorieux de sa carrière professionnelle. Les profiteurs de réseau sont malheureusement monnaie courante ; vous savez, ceux qui activent les amis lorsqu’ils sont en difficulté et qui les ignorent dès qu’ils sont en poste !
Mais qu’ils se rassurent, tout se paie un jour. Et si la CNIL n’autorise pas les listes noires numérisées, elle n’a aucune prise sur notre mémoire. A bon entendeur, salut…

1 Total Quality Management