12/10/2015

Et si les Big Data permettaient enfin une tarification technique ?

L’exploitation des Big Data devrait permettre d’affiner la tarification de l’assurance
par la prise en compte de données dites « chaudes », c’est-à-dire notamment comportementales.
Ainsi, le pricing classique fondé sur des critères objectifs (zone, véhicule, profession, usage,…) serait complété par des données liées à des usages, consommation, déplacements, comportements,…
La question est : quelle valeur technique ont ces nouvelles données ? Sans statistiques suffisantes, comment affirmer que le mode de conduite d’un automobiliste (conduite soft vs vive par ex.) est générateur de davantage de sinistres ? Et peut-on aujourd’hui quantifier l’impact ?

Manifestement, nos actuaires ne sont pas très à l’aise avec ce nouveau phénomène !
Cependant, est-il vrai d’affirmer que les critères aujourd’hui pris en compte ont une réelle valeur technique ?
La complexité de la nomenclature des véhicules est-elle vraiment établie à partir de la sinistralité observée par type précis de véhicule ? Doute ! Idem pour la zone, la profession, tec. Ceci était vrai aussi pour le genre mais la discrimination a été abolie par Bruxelles.
Quelle utilité d’une telle complexité lorsque in fine, on passe le tarif à la moulinette du Bonus-Malus, des rabais commerciaux (sans même évoquer les presse-boutons).
En quoi un fils d’assuré serait-il un risque plus acceptable qu’un autre jeune ?
Cela rappellera aux plus anciens le célèbre Tarif Rouge des risques industriels autrefois utilisé par toutes les compagnies (et qui a fait suer des générations d’étudiants en assurance !) mais dont l’usage aboutissait à des primes invendables et se terminait inéluctablement par un rabais commercial de …60% !
Dès lors, on peut imaginer que ces nouvelles data ne seront pas moins pertinentes que leurs aïeules ; qu’elles pourront aisément s’y substituer.
Enfin, les tarifs deviendraient un peu plus techniques…
Mais quel que soit le mode de calcul du prix de vente, il ne faut jamais oublier que le pricing est la rencontre du tarif minimum pour l’offreur et du tarif maximum acceptable par l’acheteur…

 

14/11/2014

L’économie de l’assurance auto mise à mal

Récemment, on pouvait lire dans la presse que la Ligue des Droits de l’Assuré finalisait son projet de groupement de réparateurs auto. L’objectif est clairement affiché : en finir avec la pratique des garages agréés en développant le tiers payant vis-à-vis de tous les réparateurs auto. Certes, l’imposition d’un garage peut parfois sembler procéder d’une logique absconse pour l’assuré ! Ainsi, je me suis vu refuser récemment la prise en charge de dommages auprès du concessionnaire qui m’avait vendu le véhicule et qui n’est autre qu’un de ceux qui fournissent et entretiennent  les véhicules de fonction de ladite compagnie !!!
Plus récemment (AUTO PLUS du 31/10/2014), on découvrait que des sites* internet permettaient aux assurés de trouver un garagiste qui propose une ristourne sur le prix officiel des réparations. Cette ristourne ne figurant pas sur la facture, l’assureur rembourse le montant total. Objectif : compenser la franchise.Carrossier.jpg
Stupéfaction pour ceux qui comme moi ont fait quelque étude d’assurance au cours desquelles ils ont appris que la franchise se justifiait par :
- soit la moralisation du risque (comprendre par là que l’assuré qui conserve à sa charge une part des débours est ainsi incité à modérer son comportement)
- soit la diminution du coût du sinistre pour l’assureur (voire la disparition des petits dossiers).
L’éliminination totale ou partielle de cette disposition va donc à l’encontre d’une baisse des coûts et ne peut que conduire au renchérissement des primes.
Est-ce bien ce qu’il faut rechercher en cette période où l’on ne parle que de redonner du pouvoir d’achat au français ?

 

*Zerofranchise.com ; carrosserie.com

24/10/2014

Règlement de sinistre : un rétropédalage positif

En marge du tintamarre sur le Digital, enfin une décision qui a du sens !
Lu dans le dernier n° de l’Argus (eh oui, on y lit parfois des choses intéressantes !) : ALLIANZ redonne du pouvoir à ses agents généraux en matière de sinistre.
Ces derniers pourront continuer à déléguer la gestion et le règlement des sinistres à la compagnie, mais ils pourront aussi –moyennant respect des règles et obligations de compétence – en assumer la gestion.
Un bonne nouvelle pour la valeur ajoutée du réseau et pour la qualité de la relation client car comme on le sait (pas toujours dans les sièges !), c’est sur le terrain que l’on règle mieux et plus vite les situations.