19/11/2020

Un PGE de l’Assurance ?

Argent tombant du ciel.jpgOn commence à entendre parler de la nécessité de créer un équivalent du PGE pour les assureurs !
Certes, ce sont surtout pour le moment des suggestions de chroniqueurs intervenant dans les débats sur un peu tous les sujets sans en être connaisseurs. Mais méfions-nous de ces idées farfelues qui se propagent à la vitesse des réseaux sociaux.
Qu’est que le PGE ? Un prêt par les établissements bancaires aux entreprises impactées par la pandémie. Ce prêt est limité à la fois dans ses conditions d’obtention et dans ses montants et son remboursement est garanti par l’Etat.

Pour un banquier, l’autoriser/l’inciter à débloquer des crédits au-delà  de ses capacités et de la règlementation ne semble à-priori pas poser de problème majeur si l’Etat est caution ; sur les marchés financiers, l’argent se trouve, d’autant que les taux sont très bas sinon négatifs.

Alors pourquoi ne pas imaginer la même chose avec les assureurs ? Comme souvent, ceux qui n’y connaissent rien font l’amalgame entre Banque et Assurance alors qu’en dehors de certaines similitudes (fidélité de la clientèle, monde des services financiers, investisseurs institutionnels), ce sont deux mécanismes bien distincts.


Pour l’assurance, à quoi ressemblerait une IGE (Indemnisation Garantie par l’Etat) ?  
Un remboursement de pertes d’exploitation au bénéfice d’entreprises non garanties, c’est-à-dire sans cotisations préalables, donc sans provisions techniques ?
Le cycle économique de l’assurance exige d’encaisser d’abord les primes et de régler ensuite les sinistres survenus. Sinon où prendre l’argent autrement que sur les provisions techniques des contrats régulièrement souscrits ?
Le modèle ressemble plus à l’assurance des pays de l’est avant la chute du mur de Berlin qu’à l’assurance du 21e siècle régie en outre par Solvency 2.
Décidément cette Covid 19 est la source de toutes les élucubrations !

19/08/2020

Alan, et l’histoire est un éternel recommencement.

langfr-420px-Alan-logo-green.svg.pngLa presse (News Assurances Pro) annonce ces jours-ci que la start-up ALAN jette l’éponge en ce qui concerne les risques individuels santé.
A l’origine orientée sur la cible Entreprises, Alan s’était lancée dans la diversification vers l’Individuelle en pensant aux retraités et aux fonctionnaires.
Raté, ce sont les sans-emploi et les souscripteurs de sur-complémentaires qui ont répondu.
Vous n’aviez donc jamais entendu parler de l’antisélection ?
Alan militait pour la résiliation infra-annuelle.
Gagné, ce sont des surfeurs qui sont venus, ceux entre deux emplois et ceux qui s’apprêtent à avoir des dépenses importantes.
Vous n’aviez donc jamais entendu parler de sélection à la souscription ni de délais de carence ?
C’est toujours la même histoire, à vouloir être trop innovant, on en ignore les règles de bases de l’assurance…
Pourtant, les anciens savaient. Déjà dans les 90’ le leader allemand de l’assurance santé DKV était venu tout casser de ce côté ci du Rhin et était vite reparti la queue entre les jambes…

10/04/2020

Polémique autour de la redistribution de cotisations par la MAIF

fond-coronavirus-covid-19-virus-rouge-microscopique_1017-24315.jpgEn décidant de ristourner 100 M€ à ses sociétaires pour tenir compte de la chute vertigineuse de la sinistralité auto durant le confinement, la MAIF lance un pavé dans le Landerneau assurantiel.
La FFA (qui a déjà versé 200 k€ pour soutenir les TPE) estime qu’un tel remboursement n’est pas de mise car le gain total pour la profession serait seulement de 300 k€. Par ailleurs, les « dommages collatéraux » (comprendre en Santé et en Prévoyance) seraient bien plus importants (1,3 Md€).
La CGT-Matmut, ainsi que Groupama montent au créneau pour fustiger ce geste à l’égard des clients.

Quels arguments sont avancés ?
Bien sur, l’envolée des coûts en Santé et Prévoyance, et le non-versement des cotisations par les TPE-PME, aussi le risque qu’une castastrophe naturelle en cours d’année vienne dégrader les résultats, et encore la nécessité d’une analyse technique sur l’année et non au mois le mois,…
N’étant ni actuaire ni X, je dois certainement me tromper. Mais si on reprend les chiffres officiels (site de la FFA), l’encaissement annuel auto toutes sociétés confondues est de l’ordre de 22,1 Mds€ données 2018) ; ce qui donne, moyennant un chargement moyen de l’ordre de 25% : 16,5 M€ de charge de sinistres. A raison de 52 semaine par an, cela fait 317 k€ par semaine. Si l’on reprend la baisse annoncée par Pascal Demurger, soit 75 %, la charge de sinistres économisée serait donc de l’ordre de 238 k€ par semaine ; donc pour 8 semaines : 1,9 M€.

Mais, encore une fois, je dois me tromper !

Quant à l’augmentation des coûts en Santé et Prévoyance, rappelons :
- d’une part qu’il ne s’agit pas de la même branche et qu’en assurance, l’équilibre technique s’apprécie branche par branche et non en globalité (ou alors ça a vraiment changé depuis mes études !)
-d’autre part qu’une bonne partie des intervenants sur ces risques d’assurances de personnes sont peu ou pas actifs en assurance auto.
- et que nombre d’acteurs en assurance auto interviennent en Santé, voire en Prévoyance, via des entités juridiques différentes ou des partenariats.

Enfin, la perspective d’une catastrophe naturelle est une ficelle trop grosse pour être recevable : complètement aléatoire et faisant intervenir la réassurance…
Contrairement à ce qu’avance Thierry Martel, si effectivement, les résultats doivent s’apprécier sur l’ensemble de l’exercice, on peut d’ores et déjà considérer que les assureurs auto ont économisé près de 2 Mds€ !
Le remboursement des cotisations peut légitimement passer pour un coup de pub comme l’on avancé certains détracteurs.
Alors, la bonne décision était-elle de les rendre aux sociétaires alors que nous avons besoin de tous les soutiens possibles pour combattre le Coronavirus et ensuite pour relancer la machine économique ?
Pour une entreprise qui se veut « à mission », j’aurais préféré qu’on laisse aux sociétaires le choix de consacrer tout ou partie des sommes économisées au soutien à la lutte COVID 19 ou au remboursement des cotisations…