10/11/2020

La Sécurité Sociale au cœur de la démocratie

 

1ere couv livre SS-JPD.JPGIl est frappant de constater l’ignorance qui entoure, aujourd’hui, les fondements de notre système de protection sociale y compris chez ceux qui prétendent le réformer.

Ce que proposaient, en 1945, le Conseil National de la Résistance, Pierre Laroque, Ambroise Croizat était, ni plus moins, que l’instauration d’une démocratie sociale, socle de la démocratie tout court.

Aujourd’hui, la Sécurité sociale est, dans l’esprit de beaucoup, une institution, une sorte d’entreprise d’assurance étatique qui, de plan de redressement en plan de redressement, et de déficit en déficit, ne parvient pas à garantir à tous les français l’accès aux soins alors qu’elle consomme 9% du PIB au seul titre des dépenses de maladie.

Pour éclairer cette trajectoire, une première partie du livre propose un historique des avancées et des crises qui amènent à cette situation, très éloignée des objectifs généreux des pères fondateurs.

Mais, le système de sécurité sociale français n’est évidemment pas le seul au monde. Une seconde partie présente succinctement les régimes de quelques pays qui s’appuient sur des principes très différents du notre, qu’il s’agisse des Etats Unis, de Singapour, ou, plus près de nous, de l’Espagne ou de la Hollande.

Le troisième volet donne la parole à des acteurs majeurs* des dernières décennies. Syndicalistes, dirigeants de mutuelles, hauts fonctionnaires, ont été interrogés à partir d’un guide d’entretien : la synthèse de leurs propos apporte un éclairage édifiant sur les tensions qui dessinent la Sécurité sociale telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Dans le même esprit, nous avons questionné certains de ceux qui sont aujourd’hui aux commandes d’organismes de protection sociale complémentaire – l’ADN du Cercle Vivienne. Ces dirigeants* ont été invités à exprimer leurs visions du futur, tout particulièrement sur l’articulation entre l’assurance obligatoire et les régimes complémentaires.

Enfin, avec liberté - et parfois provocation – l’ouvrage propose six scénarios d’évolutions du système français de protection sociale et notamment de l’articulation entre régimes obligatoires et complémentaires. Au global, un livre à multiples entrées, qui n’impose pas un point de vue mais qui ambitionne d’alimenter la réflexion à partir de regards croisés qui ont en commun la volonté de mettre – ou remettre – la sécurité sociale au cœur de la démocratie.

*Ont contribué à cet ouvrage ou ont été interrogés :

 

Etienne Caniard

Gaby Bonnand

Gilles Johannet

Jacques Nozach

Jean Claude Mallet

Jean Sammut

Guy Vallancien

André Renaudin

Arnaud Chneiweiss

Bruno Gabellieri

Djamel Souami

Jean-François Tripodi

Philippe Mixe

Pierre François

Quentin Bériot

Stéphane Junique

16:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

19/08/2020

Alan, et l’histoire est un éternel recommencement.

langfr-420px-Alan-logo-green.svg.pngLa presse (News Assurances Pro) annonce ces jours-ci que la start-up ALAN jette l’éponge en ce qui concerne les risques individuels santé.
A l’origine orientée sur la cible Entreprises, Alan s’était lancée dans la diversification vers l’Individuelle en pensant aux retraités et aux fonctionnaires.
Raté, ce sont les sans-emploi et les souscripteurs de sur-complémentaires qui ont répondu.
Vous n’aviez donc jamais entendu parler de l’antisélection ?
Alan militait pour la résiliation infra-annuelle.
Gagné, ce sont des surfeurs qui sont venus, ceux entre deux emplois et ceux qui s’apprêtent à avoir des dépenses importantes.
Vous n’aviez donc jamais entendu parler de sélection à la souscription ni de délais de carence ?
C’est toujours la même histoire, à vouloir être trop innovant, on en ignore les règles de bases de l’assurance…
Pourtant, les anciens savaient. Déjà dans les 90’ le leader allemand de l’assurance santé DKV était venu tout casser de ce côté ci du Rhin et était vite reparti la queue entre les jambes…

10/04/2020

Polémique autour de la redistribution de cotisations par la MAIF

fond-coronavirus-covid-19-virus-rouge-microscopique_1017-24315.jpgEn décidant de ristourner 100 M€ à ses sociétaires pour tenir compte de la chute vertigineuse de la sinistralité auto durant le confinement, la MAIF lance un pavé dans le Landerneau assurantiel.
La FFA (qui a déjà versé 200 k€ pour soutenir les TPE) estime qu’un tel remboursement n’est pas de mise car le gain total pour la profession serait seulement de 300 k€. Par ailleurs, les « dommages collatéraux » (comprendre en Santé et en Prévoyance) seraient bien plus importants (1,3 Md€).
La CGT-Matmut, ainsi que Groupama montent au créneau pour fustiger ce geste à l’égard des clients.

Quels arguments sont avancés ?
Bien sur, l’envolée des coûts en Santé et Prévoyance, et le non-versement des cotisations par les TPE-PME, aussi le risque qu’une castastrophe naturelle en cours d’année vienne dégrader les résultats, et encore la nécessité d’une analyse technique sur l’année et non au mois le mois,…
N’étant ni actuaire ni X, je dois certainement me tromper. Mais si on reprend les chiffres officiels (site de la FFA), l’encaissement annuel auto toutes sociétés confondues est de l’ordre de 22,1 Mds€ données 2018) ; ce qui donne, moyennant un chargement moyen de l’ordre de 25% : 16,5 M€ de charge de sinistres. A raison de 52 semaine par an, cela fait 317 k€ par semaine. Si l’on reprend la baisse annoncée par Pascal Demurger, soit 75 %, la charge de sinistres économisée serait donc de l’ordre de 238 k€ par semaine ; donc pour 8 semaines : 1,9 M€.

Mais, encore une fois, je dois me tromper !

Quant à l’augmentation des coûts en Santé et Prévoyance, rappelons :
- d’une part qu’il ne s’agit pas de la même branche et qu’en assurance, l’équilibre technique s’apprécie branche par branche et non en globalité (ou alors ça a vraiment changé depuis mes études !)
-d’autre part qu’une bonne partie des intervenants sur ces risques d’assurances de personnes sont peu ou pas actifs en assurance auto.
- et que nombre d’acteurs en assurance auto interviennent en Santé, voire en Prévoyance, via des entités juridiques différentes ou des partenariats.

Enfin, la perspective d’une catastrophe naturelle est une ficelle trop grosse pour être recevable : complètement aléatoire et faisant intervenir la réassurance…
Contrairement à ce qu’avance Thierry Martel, si effectivement, les résultats doivent s’apprécier sur l’ensemble de l’exercice, on peut d’ores et déjà considérer que les assureurs auto ont économisé près de 2 Mds€ !
Le remboursement des cotisations peut légitimement passer pour un coup de pub comme l’on avancé certains détracteurs.
Alors, la bonne décision était-elle de les rendre aux sociétaires alors que nous avons besoin de tous les soutiens possibles pour combattre le Coronavirus et ensuite pour relancer la machine économique ?
Pour une entreprise qui se veut « à mission », j’aurais préféré qu’on laisse aux sociétaires le choix de consacrer tout ou partie des sommes économisées au soutien à la lutte COVID 19 ou au remboursement des cotisations…